<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Univers parallèles &#187; Vélo</title>
	<atom:link href="http://alainhuot.net/category/velo/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://alainhuot.net</link>
	<description>Le blogue d&#039;Alain Huot</description>
	<lastBuildDate>Wed, 27 Jul 2011 03:36:49 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3</generator>
		<item>
		<title>Un sniper à Longueuil</title>
		<link>http://alainhuot.net/2009/08/24/un-sniper-a-longueuil/</link>
		<comments>http://alainhuot.net/2009/08/24/un-sniper-a-longueuil/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2009 00:21:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alain</dc:creator>
				<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires de buildings]]></category>
		<category><![CDATA[Longueuil]]></category>
		<category><![CDATA[Profs]]></category>
		<category><![CDATA[Vélo]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://alainhuot.net/?p=620</guid>
		<description><![CDATA[L’été passé, j’ai été faire de la beach sur le balcon secret de P. à Longueuil. Officiellement, P. est prof de cégep, mais son vrai métier c’est sniper. Il jongle avec des fortunes. Et il en attend une plus grande encore. Son grand père allemand a conservé des caisses de trésors, vues pour la dernière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://farm4.static.flickr.com/3168/2955776734_e7349a8771.jpg?v=0" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/farm4.static.flickr.com/3168/2955776734_e7349a8771.jpg?v=0&amp;referer=');"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-622" title="2955776734_e7349a8771" src="http://alainhuot.net/wp-content/uploads/2009/08/2955776734_e7349a8771-125x93.jpg" alt="2955776734_e7349a8771" width="125" height="93" /></a>L’été passé, j’ai été faire de la beach sur le balcon secret de P. à Longueuil. Officiellement, P. est prof de cégep, mais son vrai métier c’est sniper. Il jongle avec des fortunes. Et il en attend une plus grande encore. Son grand père allemand a conservé des caisses de trésors, vues pour la dernière fois dans un sous-sol au Michigan.</p>
<p>P. a loué son balcon au 26<sup>ième</sup> étage à cause de sa position au dessus de la terrasse du nouveau building de l’Université de Sherbrooke. L’expansion de l’U de Sherbrooke à Longueuil s’est faite au mépris de toute logique. Aussi, les quatre universités montréalaises légitimes ont décidé de s’engager un sniper pour gâcher la collation des grades de leur concurrente déloyale.<span id="more-620"></span></p>
<p>Le balcon secret est situé dans le complexe Port de Mer. Dans son corridor, il y a une  SAQ. Une fille en sortait avec un T-Shirt marqué « punk not dead » et orné du dessin de deux ti-vieux voûtés avec des mohawks sur leur tête. Seuls une fille aussi insolente ou un tireur d’élite peuvent encore habiter dans les appartements poussiéreux du Port de Mer. Les poutres de béton du parking souterrain sont fissurées. La structure du Complexe avait été conçue pour porter 13 étages. Mais le promoteur a fait faillite avant la fin des travaux. Un nouveau développeur a repris le lot et décidé de rajouter 13 autres étages pour être sûr de rentrer dans son argent. Des dommages encore plus spectaculaires ont été causés ça et là par des incendies et des dégâts d’eau. Récemment, un câble d’ascenseur a cassé. Les freins d’urgence ont réussi à arrêter la cabine après 6 étages de chute libre. Quant aux escaliers, chacun d’entre eux est contrôlé par un gang différent, comme dans les barres des banlieues françaises. Mais le complexe est pratique. Quand il fait froid, P. prend le métro pour aller en ville acheter ses outils en manches de chemises.</p>
<p>On a fumé un joint en regardant la vue estivale. Les arbres vert sombre étaient chargés de samares et de fruits. Mais on surplombait leur cime de si haut! Et les terriens en bas étaient si minuscules! On échappait à toutes les pesanteurs. L’immensité de la voie maritime renforçait encore le changement d’échelle. À l&#8217;autre bout du monde, des vacanciers dans des forêts jouaient de la guitare autour d’un feu. Tellement que j’ai dit : « un de ces jours, on devrait aller faire du camping. » Gagné par l’esprit des lieux, P. a souhaité qu’une des universités construise des éoliennes au sommet du Port de Mer. </p>
<p>J’ai aidé P. à descendre des boîtes d’équipement. Pour les transporter, il a un Ford Explorer. Un sniper armé d’un SUV. J’ai entrepris d’évacuer. Le pont Jacques Cartier était bloqué par la police. Soit à cause des feux d’artifice, soit à cause d’une opération pour rechercher un sniper. Je me suis faufilé par la piste cyclable du pont Victoria.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://alainhuot.net/2009/08/24/un-sniper-a-longueuil/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Aventures en Ontario</title>
		<link>http://alainhuot.net/2008/08/15/aventures-en-ontario/</link>
		<comments>http://alainhuot.net/2008/08/15/aventures-en-ontario/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 15 Aug 2008 21:52:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alain</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ottawa]]></category>
		<category><![CDATA[Vélo]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://alainhuot.net/?p=283</guid>
		<description><![CDATA[Hawkesbury La perspective d’un pit-stop plate à Hawkesbury m’a retenu un bon mois de partir voir mon frère à Ottawa. Comment j’allais procéder? Pédaler 200km d’une traite pour éviter Hawkesbury? Dormir dans la tente? Coucher dans un motel cher et ennuyeux? Il a fallu qu’Hélène me pousse pour que je finisse pardécoller. Hélène est la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Hawkesbury</h2>
<p><img class="alignright size-thumbnail wp-image-287" title="Photo 2059" src="http://alainhuot.net/wp-content/uploads/2009/08/Photo-2059-125x93.jpg" alt="Photo 2059" width="125" height="93" /></p>
<p>La perspective d’un pit-stop plate à Hawkesbury m’a retenu un bon mois de partir voir mon frère à Ottawa. Comment j’allais procéder? Pédaler 200km d’une traite pour éviter Hawkesbury? Dormir dans la tente? Coucher dans un motel cher et ennuyeux? Il a fallu qu’Hélène me pousse pour que je finisse pardécoller.<span id="more-283"></span></p>
<p>Hélène est la barmaid du Yermad. Un mercredi soir, elle m’a demandé où était ma gang. J’ai dit « Je suis tout seul. De ces temps-ci, je boude ». L’avant-veille, j’étais de plus mauvaise humeur encore. Une vieille habituée du Yermad m’a dit que la Madame m’aime. Je me sens agressé quand on me parle d’amour. J’ai répondu à l’habituée non, y a personne qui m’aime. Richard était derrière le bar. Il m’a donné un shooter pour soigner mes problèmes psychologiques. Le shooter ne m’a pas guéri. L’amour est une niaiserie qui sert à enrober les films de cul avec des intrigues insignifiantes.</p>
<p>Le mercredi avant mon départ, j’ai lié conversation avec les autres clients autour du bar. En plus, Yohann est arrivé. J’ai pu raconter mes projets d’Ottawa un grand nombre de fois au fur et à mesure que je buvais des <a href="http://www.jameson.ie/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.jameson.ie/?referer=');">Jameson</a>. Hélène a fini par écrire sur le tableau en haut du bar : « Alain s’en va en Ontario ».</p>
<p>Contrairement à <a href="http://www.alainhuot.org/ottawa.htm" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.alainhuot.org/ottawa.htm?referer=');">mes précédentes glorieuses campagnes de l’Outaouais</a>, j’ai pédalé cette année par le West Island plutôt que par Oka. J’ai vu l’hôtel de ville de Baie d’Urfé où le frère de Mario avait fait des méfaits à cause de la loi 101 bafouée. Dans ses conditions de remise en liberté, la Cour lui avait interdit l’Ouest à partir du boulevard Saint-Laurent. À Hudson, la rivière des Prairies s’est transformée en Outaouais. Hudson est le troisième cercle du pays des riches Anglais arrogants, après Westmount-TMR et le West Island (<em>suburbia</em><em>, <a href="http://ergosphere.blogspot.com/2005/11/triumph-of-exurbia.htm" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/ergosphere.blogspot.com/2005/11/triumph-of-exurbia.htm?referer=');">exurbia</a></em>).Dans son site bucolique, Hudson passe pour le domaine des châteaux. Mais en fait, il s’agit d’un trailer park, rendu plus vulgaire à cause de l’argent qui permet de développer chaque élément de ce mode de vie : des gros driveways, des gros terrains avec des gogossesdécoratives, les mêmes valeurs, les mêmes émissions de TV.</p>
<p>Après Hudson, les excroissances inutiles de Montréal finissent enfin. J’ai passé la frontière ou bout d’un champ. J’étais maintenant dans un pays rural et francophone : l’Est ontarien. C’est là que des maraîchers cultivent les légumes vendus au Byward Market. Quant à Hawkesbury, elle ressemble à La Tuque, une ville industrielle rouillée parmi des beaux vallons boisés. Hawekesbury doit ressembler aussi au Canada profond, au Manitoba ou à la Nouvelle-Écosse, mais avec un dialecte de français qui est encore vivant (où on dit « so », « I guess » et « je manque quelque chose » dans le sens de « I miss something »).</p>
<p>Sur mon porte-bagage, j’avais pris soin de ne pas placer ma tente. J’ai découvert en arrivant que l’ancien motel Holliday est fermé, en voie de devenir un foyer de l’âge d’or. Le seul hébergement restant dans cette non-destination touristique est un Best Western à 100$ la nuit conçu pour les cadres à comptes de</p>
<p>dépenses des usines  d’Hawkesbury. Ce qui tombait bien parce que j’avais besoin de confort : je faisais de la fièvre et j’avais mal à la gorge. Mes amygdales sont mes fusibles. Ils s’infectent quand je boude trop.</p>
<p>Au lieu de continuer à remonter l’Outaouais, j’ai passé ma deuxième journée de voyage dans une salle d’attente. Les hôpitaux ontariens sont aussi débordés et inefficaces que ceux du Québec. Hawkesbury fait d’ailleurs sûrement partie des endroits déshérités où les médecins ne s’installent que de force. Mais ces médecins doivent quand même tout contrôler, y compris le diagnostic pour des maladies que des distributrices de pilules pourraient traiter. Des ambulances reléguaient mon cas au plus bas niveau de priorité (me rappeler de ne jamais faire d’amygdalite le jour d’un désastre aérien). J’ai fait un exercice de patience. La TV (RDS en français) jouait en boucle les résultats olympiques de la veille. J’espionnais Hawkesbury dans l’intimité de sa salle des malades. Un petit yo avait l’air de s’accommoder des heures vides sans souffrir. Au début, je pensais qu’il était déficient à cause de son style et de la forme de son menton. Mais il était sans doutes seulement défavorisé. Il avait des yeux éveillés. Je prenais des forces en les regardant. En face de lui, une adolescente trop sexy avec un plâtre était sûrement un cas de services sociaux. Quand j’ai eu ma prescription, mon frère est venu me sauver de l’ennui. Une tempête monstrueuse s’est abattue sur Ottawa pendant qu’on rentrait dans la ville. Grâce à la maladie, je m’abandonnais mieux à la contemplation des édifices mouillés.</p>
<h2>Ottawa</h2>
<p>Mon frère et sa blonde Judith s’occupent de leurs enfants. Sans s’énerver, ils couchent quatre fois Nathan chaque soir : une fois pour les sorcières, une fois pour les fantômes… Quant à Éléonore, elle pleure au milieu de la nuit parce qu’elle veut planter ses dents aiguisées dans un sein. Mon frère m’a expliqué ce qu’est l’abnégation des parents : remettre ses propres besoins à plus tard. Et plus tard, il faut encore s’occuper des enfants.</p>
<p>Lors de ces visites chez mon frère, j’ai l’occasion de rencontrer des gens normaux : motorisés, propriétaires, suburbains et séparés. Un collègue de mon frère l’a déjà rassuré en lui disant que bientôt ses enfants allaient s’occuper les uns des autres et se laisser mieux garder par le troisième parent (la TV). Au début de cette période, il va falloir toutefois rester vigilant, surtout quand les enfants ne feront pas de bruit. Le collègue a ainsi été mis en alerte par un silence un samedi matin. Ses enfants jouaient dans un garde-robe avec un briquet d’allumage pour le barbecue. L’intérieur du garde-robe était zébrée de petites brûlures, mais les manteaux au- dessus des têtes des enfants ne s’étaient pas encore enflammés.</p>
<p>Assister à l’émergence de la personnalité des enfants est un plaisir que les mononcles peuvent partager. Au souper, Éléonore est tombée endormie dans son assiette. J’ai surpris le regard malicieux de son frère. Il a une relation mystérieuse avec sa sœur, dont les enjeux échappent à l’intelligence des adultes. Lors d’un précédent voyage, j’étais à Ottawa en compagnie de la Madame. Babasse nous a montré des monuments. On a pris le passage souterrain de la rue Elgin. On était devant la tombe du soldat inconnu. Nathan s’est amusé à sauter dans les flaques d’eau sale. La Madame l’encourageait à éclabousser les passants. Nathan s’est sauvé en courant vers le trafic. Mon frère est parti à sa poursuite. La Madame tenait la poussette. Je lui ai dit : « on la remplit tu? ». J’étais dans un état de manque de sexe créé par la privation d’Internet, ce qui me rendait agace. J’étais grisé aussi par la splendeur du site qu’on avait sous les yeux.</p>
<p><a href="http://www.gallery.ca/1930/index_fr.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.gallery.ca/1930/index_fr.html?referer=');"></a><a href="http://www.gallery.ca/1930/index_fr.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.gallery.ca/1930/index_fr.html?referer=');"></a><a href="http://www.gallery.ca/1930/index_fr.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.gallery.ca/1930/index_fr.html?referer=');"></a><a href="http://www.gallery.ca/1930/index_fr.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.gallery.ca/1930/index_fr.html?referer=');"></a><a href="http://www.gallery.ca/1930/index_fr.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.gallery.ca/1930/index_fr.html?referer=');"></a><a href="http://www.gallery.ca/1930/index_fr.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.gallery.ca/1930/index_fr.html?referer=');"></a>Le thème culturel de ce voyage-ci a été la guerre. Ottawa est une ville de gouvernement. Qui plus est, de gouvernement avec armée. Au <a href="http://www.museedelaguerre.ca/cwm/exhibitions/eugenisme/deadlymedicine01f.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.museedelaguerre.ca/cwm/exhibitions/eugenisme/deadlymedicine01f.html?referer=');">War Museum</a>, une exposition sur l’eugénisme était proposée. L’amélioration hygiénique de la race a été le grand projet des médecins quand on leur a donné du pouvoir. Ils ont organisé la stérilisation puis l’élimination des éléments malsains dans la société. La deuxième guerre mondiale a été un combat entre deux camps eugénistes, des radicaux et des moins radicaux. Si les plus radicaux avaient gagné, il aurait fallu qu’ils finissent par s’auto-gazer, parce qu’ils étaient imparfaits et qu’ils auraient vieilli. Une femme dans le musée se demandait comment le monde ont tu pu croire à ces affaires là. Elle ne lisait et ne regardait rien de toute évidence, car avec son bon sens surdéveloppé, elle ne pouvait que se rallier à la justesse des arguments hygiéniques : les meilleurs se tuent à la tâche alors que les parasites prospèrent et prolifèrent. Le musée des Beaux-Arts proposait un complément à cette exposition : l’art des années 1930, lui aussi fasciné par la biologie et annonciateur du grand massacre.</p>
<p>Le soir, Babasse et moi on écoutait des films thématiques. Le meilleur du lot s’appelait <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/If..." onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/en.wikipedia.org/wiki/If...?referer=');">If…</a></em> Il portait sur le dressage des jeunes dans les collèges anglais. La femme du musée aurait dû voir ce film, elle aurait eu des réponses à ses grandes questions. La stratégie pédagogique de ces collèges consistait à organiser la persécution des nouveaux par les anciens. Les anciens se choisissaient des servants souffre-douleur qui devenaient leurs <em>scums</em> attitrés. Ce système s’appelait le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Fagging" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/en.wikipedia.org/wiki/Fagging?referer=');">fagging</a>. Il préparait pour l’armée. Le film If… se termine sur une scène dans le style des high schools américains : des jeunes se révoltent, prennent les armes et tirent dans le tas.</p>
<p>Mon frère s’ennuie parfois à Gatineau. Il fait partie de la cohorte nombreuse des Québécois recrutés pour travailler à Ottawa. Ce phénomène a commencé quand le Canada a choisi de devenir une technocratie rationnelle. Les fonctionnaires québécois ont été requis à cause de leur esprit cartésien. Eux seuls pouvaient concevoir et opérer la machine bureaucratique fédérale. Aujourd’hui, un mandarin important de notre connaissance a pour fonction de retenir ces fonctionnaires et d’en attirer des nouveaux. Mais le gouvernement québécois est jaloux et il fait des misères. Il est ainsi interdit à mon frère de bénéficier de prélèvements à la source pour payer ses impôts provinciaux. Quand Revenu Québec a fait une erreur en lui envoyant sa facture annuelle, Babasse a ainsi été tenu malgré sa bonne foi de payer des intérêts. Il s’est aussi fait réclamer un remboursement d’allocations familiales parce que son nom avait été mal entré dans l’ordinateur par la préposée, si bien qu’on lui contestait la paternité de ses enfants.</p>
<p>Je ne pourrais pas comme mon frère travailler pour le gouvernement fédéral. Tel <a href="http://de.wikipedia.org/wiki/Entführung_von_Natascha_Kampusch" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/de.wikipedia.org/wiki/Entf_hrung_von_Natascha_Kampusch?referer=');">Natascha Kampusch</a>, je suis tenu séquestré par le Ministère de l’Éducation du Québec, et ce depuis l’âge de cinq ans. Mon incapacité à faire du travail manuel a été diagnostiquée à la maternelle. Plutôt que de me placer en réadaptation, l’école m’a gardé pour servir ses besoins. L’orthographe française m’a été inculquée. J’ai aussi été conditionné à être dépendant d’une institution et rendu inapte à gérer mon argent. Je ne sais pas si Natascha Kampusch se souvient de ce qu’elle faisait le jour où elle a été kidnappée, mais moi je me souviens que la veille de ma première rentrée, je construisais des mégalopoles en blocs Légo.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://alainhuot.net/2008/08/15/aventures-en-ontario/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Aventures à Trois-Rivières</title>
		<link>http://alainhuot.net/2008/07/20/aventures-a-trois-rivieres/</link>
		<comments>http://alainhuot.net/2008/07/20/aventures-a-trois-rivieres/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 20 Jul 2008 18:07:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>alain</dc:creator>
				<category><![CDATA[Trois-Rivières]]></category>
		<category><![CDATA[Vélo]]></category>
		<category><![CDATA[Voyages]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://alainhuot.net/?p=277</guid>
		<description><![CDATA[Le film de Maude Le secret pour se sentir en vacances, c’est de découcher. La Madame est venue me rejoindre à Trois-Rivières en allo stop. On est allé voir Levasseur, qui habite maintenant avec Maude dans la ville de la poésie. Levasseur écoutait un mauvais film de cul. On l’a analysé. Le langage non-verbal des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><strong><em>Le film de  Maude</em></strong></h2>
<p>Le secret pour se sentir en vacances, c’est de  découcher.</p>
<p>La Madame est venue  me rejoindre à Trois-Rivières en allo stop. On est allé voir Levasseur, qui  habite</p>
<p><img class="alignright size-thumbnail wp-image-278" title="image005" src="http://alainhuot.net/wp-content/uploads/2009/08/image005-125x83.png" alt="image005" width="125" height="83" />maintenant avec Maude dans la <a href="http://www.fiptr.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.fiptr.com/?referer=');">ville de la poésie</a>.</p>
<p>Levasseur écoutait un mauvais  film de cul. On l’a analysé. Le langage non-verbal des  protagonistes contredisait leur langage verbal. Les actrices avaient l’air de  souffrir et de se faire abuser. Leur non-jeu faux et  stéréotypé avait des vagues air d’Hollywood. On assistait à la malédiction de la  starlette ratée. Quant aux acteurs, ils paraissaient s’ennuyer. On aurait dit  que leur zizi était un corps étranger. Il y avait pourtant du fétichisme  intéressant dans ce film : <span id="more-277"></span>une scène en costume avec des robes de style  Pompadour. Sous les jupons, il y a une petite fente. La structure de ce vêtement  m’a fait comprendre enfin le concept de troussage.  Après la représentation, on a fait des agapes  de retrouvailles à l<a href="http://www.embuscade.ca/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.embuscade.ca/?referer=');">’Embuscade</a> et au <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Zenob" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/fr.wikipedia.org/wiki/Le_Zenob?referer=');">Zénob</a>. Les bars de Trois-Rivières présentent un grand  intérêt.</p>
<p>En se levant après cette  soirée, la  Madame avait une haleine de lendemain de veille. Elle se  demandait quels animaux morts lui pourrissaient dans la bouche. Je lui ai révélé  que ce sont les gros mots qu’elle dit qui expliquent la mauvaise  haleine. D’ailleurs Maude et Levasseur aussi devaient  avoir mauvaise haleine, parce qu’ils nous ont raconté une menterie.</p>
<p>Le soir suivant chez Levasseur  l’ambiance était tordue et lugubre. Maude nous a  pourtant montré un <a href="http://www.sep7.ca/Napalm-Celluloid.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.sep7.ca/Napalm-Celluloid.html?referer=');">film  érotique</a> qu’elle a fait avec la poétesse <a href="http://www.electriques.ca/filles/artistes.f/m/marleau_fr.php" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.electriques.ca/filles/artistes.f/m/marleau_fr.php?referer=');">Frédérique  Marleau</a> et des vidéastes de pointe. On y voit  Frédérique équipée d’un pénis en latex monté sur une ceinture, un <em><a href="http://www.erosquebec.com/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.erosquebec.com/?referer=');">strap-on</a></em>. Dans des beaux jeux d’éclairages, Maude masturbe et suce le strap-on, puis elle se fait pénétrer. Dans la dernière  séquence, on voit Maude qui porte à son tour le  phallus synthétique. La scène sexuelle est montrée deux fois avec des  atmosphères différentes. La première fois, on entend en fond sonore la  récitation d’un poème intitulé <em>La femme  phallique. </em>Un extrait :</p>
<p><em>« Dans la  psyché je préside une assemblée d&#8217;hommes en érection » </em></p>
<p><em>« J’ai pénétré ma mère en rêve »</em></p>
<p>La deuxième fois qu’on voit la  scène de sexe, une musique laisse davantage de place à l’érotisme des images.  Contrairement au film de Levasseur, celui de Maude  donnait envie de créer et de baiser . Comme les  peintures au musée donnent envie de dessiner ou d’écrire ou de baiser aussi  d’ailleurs.</p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<h2><strong><em>Le cochon  et la fourmi</em></strong></h2>
<p>Trois-Rivières a un vieux centre compact avec trois  points de convergence. À l’est, la place devant les <a href="http://www.musee-ursulines.qc.ca/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.musee-ursulines.qc.ca/?referer=');">Ursulines</a> vaut les plus belles  parties du Vieux Québec et devrait faire taire ceux qui disent que  Trois-Rivières est une ville laide et puante (attitude déplorable des Trifluviens, qui me découragent en me demandant ce que je  peux bien chercher dans leur ville). À l’ouest, le terminus Badeaux est moins bien, mais il a un bel air de downtown avec des <a href="http://www.sttr.qc.ca/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.sttr.qc.ca/?referer=');">autobus</a> et des <a href="http://3riv911.blogspot.com/2007/01/beaucoup-defforts-malheureusement-sans.html" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/3riv911.blogspot.com/2007/01/beaucoup-defforts-malheureusement-sans.html?referer=');">squeegees</a>. Quant au <a href="http://www.rabaska.com/super/panorama/3Rhisto1.htm" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.rabaska.com/super/panorama/3Rhisto1.htm?referer=');">parc Champlain</a>,  c’est le Centre, avec la cathédrale sur un de ses côtés. La Madame a proposé de visiter  cette cathédrale. Elle a trouvé le sacristain et lui a fait allumer un lampion  en mémoire de sa mère. De son vivant, sa mère aimait les lampions. Quant  la Madame  faisait brûler des lampions chers à 50 pesos au Mexique, les autres fidèles la  regardaient comme une femme qui négocie quelque chose de très important avec  l’au-delà. Il ne doit pas y avoir de loterie au Mexique. Ma mère à moi  n’aimerait pas que je fasse brûler des lampions pour elle. Elle a une aversion  janséniste pour les rituels. Sobriété et tempérance émotive. Ma grand-mère a eu  des funérailles standard, mais pas un monument en pierre, seulement un segment  consacré du <a href="http://www.tctrail.ca/home.php?l=fr" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.tctrail.ca/home.php?l=fr&amp;referer=');">sentier  trans-canadien</a> (que les dieux m’épargnent d’être associé mort ou vivant à  cet insignifiant projet).</p>
<p>Pendant que la Madame s’occupait avec son  lampion, j’ai feuilleté un livre de pensées pieuses (il était écrit un mot sur  la couverture que j’ai d’abord confondu avec <em>dictionnaire</em>, ce devait être <em>lectionnaire</em>, ou quelque chose comme  ça).  Je me suis dit que j’y trouverais  peut-être des nourritures. Quelques pages étaient consacrées à l’amitié et  annonçaient bien (je ne lis pas ça par hasard, je me suis dit). Puis dans  d’autres pages, le lectionnaire assénait la chasteté à ses lecteurs. Voilà que  la religion me montrait déjà son visage de haine. Un feuillet paroissial à côté  du lectionnaire était illustré de photos de toutes les églises dépendant de la  cathédrale. La plupart étaient barrées d’un bandeau qui disait <em>fermée.</em> J’ai pensé : bien fait pour toi,  Église fermée.</p>
<p>Les  différentes parties du centre ville de Trois-Rivières sont reliées entre elles  par l’axe de la rue des Forges, belle rue principale avec une belle ouverture  sur le fleuve. Dans une des vitrines, une affiche montrait <a href="http://www.lespelleteursdenuages.com/fr/boutique/Produits.asp?ID=PORK02&amp;CAT=165299" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.lespelleteursdenuages.com/fr/boutique/Produits.asp?ID=PORK02_amp_CAT=165299&amp;referer=');">un  cochon sentant une rose</a>. Il était présenté comme une PorkStar. Il avait des longs cils et des yeux  attendrissants. Je n’ai pas souvent vu des cochons en vrai dans ma vie, non plus  que des moutons ni des ânes. (Malheureusement, je vois des chiens presque tous  les jours.) L’affiche comportait des conseils qui pouvaient nous concerner,  la Madame et  moi : être moins grognon, laisser chez soi sa tête de cochon. Le cochon nous a  inspiré. La  Madame m’a parlé d’un champignon qui s’empare des organismes  des fourmis quand elles le mangent. Les fourmis atteintes sont parquées dans un  enclos psychiatrique, prévu dans la remarquable organisation urbaine-sociale des fourmis. Après une période de démence,  le champignon achève de consommer le cerveau de la fourmi et sort par ses  yeux.</p>
<p>Je  regrette de ne pas avoir pris une photo de la Madame devant la statue de Duplessis.  Du haut de son socle trifluvien, Duplessis a un air plus résolument tyrannique que sur son autre statue  devant le parlement à Québec (Yohann appelle Duplessis  le tyranneau de bergerie). La  Madame sous ma mauvaise influence est devenue plus impatiente  et elle émet des jugements tranchés dignes d’un général sud-américain. Mais je  dois aimer la compagnie des despotes parce que j’en fréquente plusieurs.</p>
<h2><strong><em>Le Ludoplex</em></strong></h2>
<p>La piscine du <a href="http://www.uqtr.ca/caps/" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.uqtr.ca/caps/?referer=');">centre sportif de l’UQTR</a> est un équipement spartiate : eau glaciale,  corridor à douches automatiques obligatoires pour se rendre aux bassins, néons  qui font la peau verte, béton, recommandations hygiéniques sur les murs et  machines à essorer les costumes de bain. Exactement ce que je cherchais. En  sortant j’étais rafraîchi mais zombi. Je manquais d’affection. Comment on peut  s’ennuyer en vacances? Je pourrais être en train de laver de la vaisselle ou de  torcher des patients ou de</p>
<div id="attachment_279" class="wp-caption alignleft" style="width: 135px"><img class="size-thumbnail wp-image-279" title="image007" src="http://alainhuot.net/wp-content/uploads/2009/08/image007-125x61.png" alt="Le Ludoplex de Trois-Rivières" width="125" height="61" /><p class="wp-caption-text">Le Ludoplex de Trois-Rivières</p></div>
<p>faire des revues de presse enfermé toute la nuit dans  un bureau avec des mongols plutôt que de me plaindre de mes loisirs. Je  déprimais donc quand je suis tombé le nouvel édifice construit par Loto-Québec dans le parc d’exposition de Trois-Rivières. Le  <a href="http://www.ludoplex-trois-rivieres.com/nav/fr/accueil" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.ludoplex-trois-rivieres.com/nav/fr/accueil?referer=');">Ludoplex</a>. Il sert à concentrer des machines à sous  retirées des bars. (Apparemment, les machines à sous sont moins nocives si on en  aligne 300 au même endroit). Le Ludoplex est attrayant  comme un bonbon avec des volumes lisses de toutes les couleurs qu’on croirait  faits en blocs Lego. Le gouvernement s’est forcé pour faire de la belle  architecture parce qu’il est coincé dans ses contradictions. Il fait la  promotion du jeu, si nuisible à la société mais si payant, tout en s’efforçant  de remplir ses missions sociales, qui lui coûtent cher et qui l’obligent à des  revenus élevés. Je voulais photographier le Ludoplex,  mais des jeunes en tenue de canicule ont grandement détourné mon  attention.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://alainhuot.net/2008/07/20/aventures-a-trois-rivieres/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

